Publié le 12 mars 2010
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Le MR de Nandrin et Tinlot s'apprête à déposer une motion visant à interdire tout signe convictionnel dans l'administration et les écoles. Sabine LOURTIE La question du port du voile dans les écoles et administrations publiques est d'actualité. Dans le Condroz, les sections locales MR de Tinlot et Nandrin prennent les devants et comptent déposer au conseil communal une motion visant à interdire tout signe convictionnel dans la fonction publique (commune et CPAS) et dans l'enseignement communal. « Nous relayons une demande que Daniel Bacquelaine, notre président de fédération liégeoise, a adressée à toutes les locales de la province, précise Marc Evrard, président de la section nandrinoise. Le MR national a en effet lancé un groupe de travail composé de parlementaires et d'experts pour débattre d'interculturalité et débouchant sur dix propositions qui favorise le mieux vivre ensemble, dont celle concernant le port du voile. » Les libéraux de Tinlot et Nandrin, qui ont reçu l'aval de leurs membres, seraient ainsi les premiers à mettre le pied à l'étrier. Pas étonnant quand on sait que Marc Evrard est confronté au problème depuis 1995 en tant que préfet d'une école secondaire bruxelloise. « L'école la plus voilée de Belgique, précise-t-il. Il y a deux ans, j'ai interdit le voile alors que 130 élèves sur 370 le portaient. La situation était devenue intenable. Dans la fonction publique et les écoles communales, il faut respecter la neutralité. La religion n'y a pas sa place. On ne vise pas le voile, mais aussi la croix catholique, le faisceau laïque, la kippa juive, la burka ou la nikab. Et qu'on ne me parle pas de racisme. Depuis 17 ans, je côtoie dans mon établissement cinq religions. Il est grand temps que la Belgique se positionne clairement. Laisser cette responsabilité du voile aux directeurs d'établissement, c'est reporter le problème. » Marc Evrard compte d'abord proposer la motion au collège et convaincre sa majorité UPN (où il est en cartel avec les socialistes). Pas nécessairement gagné, alors que le PS national n'a pas encore pris officiellement position sur le sujet. A Tinlot, le jeune président libéral, Pascal Lamer, est lui aussi sensible à la question et, en tant que conseiller de l'opposition, déposera sa motion au prochain conseil communal. « Personnellement, j'estime que les jeunes filles voilées sont souvent conditionnées par leur entourage. Laissons-les faire ce choix plus tard, une fois qu'elles sont majeures, sorties de l'école secondaire. » Les deux mandataires ont également interpellé les sept autres présidents MR du Condroz, pour qu'ils emboîtent le pas (Ouffet, Ferrières, Clavier, Hamoir Anthisne, Modave, Marchin). Une question reste toutefois en suspens : la motion a-t-elle une utilité, un impact, une réelle symbolique dans le Condroz, une zone rurale bien loin des problèmes d'interculturalité. N'est-ce pas se frayer un chemin plus aisé ? « Certes, il n'y a pas ce type de problème à Nandrin et Tinlot, reconnaît Marc Evrard. Mais on ne peut pas éluder la question, même dans le Condroz. N'attendons pas qu'un cas se présente pour réagir dans la précipitation, dans l'émotionnel. » |
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