Demande d'explications de M. Richard Miller au vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères et des Réformes institutionnelles sur «la situation alarmante des Coptes»
M. Richard Miller (MR). - Le dimanche 9 octobre, une manifestation pacifique organisée par les chrétiens coptes égyptiens pour dénoncer l'incendie d'une église par des musulmans à Assouan a entraîné une répression sanglante des manifestants par les forces militaires.
On n'a pas affaire dans ce cas à un affrontement malheureusement classique entre des groupes confessionnels différents mais à une agression unilatérale de l'armée égyptienne contre les manifestants au motif que ceux-ci appartiennent à la minorité chrétienne copte.
Une telle répression est la première depuis le renversement de M. Moubarak et tend à confirmer la montée des tensions religieuses depuis la révolution.
Monsieur le ministre, quelle est votre analyse de la situation égyptienne, en particulier des menaces qui pèsent sur les chrétiens ? Avez-vous des informations qui confirment les craintes du directeur du centre jésuite d'Alexandrie selon qui le risque d'une transition chaotique après le Printemps arabe entraîne l'exode des chrétiens ? Ces informations démentiraient totalement les nombreux propos tenus, y compris par des dignitaires musulmans en octobre 2010, lors du synode des évêques catholiques du Moyen-Orient, et qui tendaient à affirmer la nécessité de la présence chrétienne en Orient.
Comment évaluez-vous les décisions du pouvoir militaire transitoire ? Quelles actions sont-elles envisageables aux niveaux européen et belge pour assurer la sécurité des Coptes ?
M. Steven Vanackere, vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères et des Réformes institutionnelles. - Je me réfère en premier lieu à ma réponse à propos de cet incident lors de la séance du 8 novembre de la commission des Affaires étrangères de la Chambre.
Comme je l'ai déjà souligné, la situation de la minorité chrétienne copte reste effectivement un sujet de préoccupation. L'incident du 9 octobre a été le plus dramatique de ceux dont les Coptes furent victimes. C'est le plus grave depuis le départ de M. Moubarak.
Je réitère que je me joins totalement au communiqué de la Haute Représentante de l'Union européenne pour la politique extérieure, Catherine Ashton, qui a exprimé sa profonde préoccupation à propos de la violence dont ont fait récemment l'objet les Coptes d'Égypte. Elle a demandé aux autorités égyptiennes d'identifier les auteurs des violences et de les traduire en justice.
La Belgique met également la situation des minorités religieuses à l'ordre du jour de ses contacts bilatéraux avec les autorités égyptiennes et de ses actions dans les enceintes multilatérales, dont les Nations unies. Une mission de mes services en Égypte a eu lieu au début du mois d'octobre. Mes services ont insisté sur l'importance d'organiser des élections démocratiques où toutes les minorités pourraient être représentées.
La décision du Conseil suprême des forces armées de reporter les élections de septembre à novembre a été prise à la demande des partis politiques afin de donner aux nouveaux partis suffisamment de temps pour s'organiser, se structurer et se préparer à la campagne électorale.
M. Richard Miller (MR). - Je remercie le ministre de sa réponse.